Médicaments pour enfant : Trop souvent utilisés ils deviennent inutiles et parfois dangereux

Lorsqu’il s’agit de la santé des enfants et à plus forte raison s’ils ne sont encore que des nourrissons, deux précautions valent mieux qu’une. Tout le monde semble d’accord sur ce point. C’est pourquoi nous sommes nombreux à leur administrer systématiquement les médicaments adaptés dès lors qu’ils tombent malades. Pourtant, un excès de prescription peut avoir des conséquences néfastes sur leur santé, quand ce ne sont pas tout simplement les médicaments donnés qui sont inutiles.

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Stop à l’excès de médicaments pour les enfants

Si nous avons tendance à les voir comme de petits êtres fragiles, les enfants sont en réalité bien plus forts que nous le pensons. Et pour cause, leurs corps tous neufs sont facilement capables de se défendre contre un rhume ou un petit microbe.

Il est d’ailleurs conseillé de les laisser faire afin qu’ils développent leur propre immunité face aux maladies bénignes de l’enfance. Aujourd’hui, le recours à la médication est un peu moins automatique. Toutefois, en 2005 la caisse primaire d’Assurance Maladie de l’Aude révélait qu’un enfant sur dix avait déjà été exposé à un remède contre-indiqué pour son age.

De fait, pour éviter une sur-médication néfaste de nombreux médicaments ne sont aujourd’hui plus remboursés et même pour certains retirés des rayons. Ils ont été jugés tantôt inutiles, tantôt dangereux pour la santé.

Ainsi, avant de vous tourner vers les étales des pharmacies et si un avis médical est toujours recommandé sans attendre en cas de doute, pensez dans un premier temps aux traitements naturels des infections bénignes de l’enfance.

De l’eau salée contre le rhume

Une fois passés les six premiers mois de l’enfant, avec les sorties plus fréquentes ou l’admission en crèche, il est presque impossible d’échapper au rhume. Parfois plusieurs fois dans le même hiver. S’il n’est pas grave, il entraîne souvent des difficultés à dormir, bouche le nez et déclenche parfois une toux désagréable.

Pour éviter ces petits tracas qui peuvent parfois s’éterniser, pensez aux dosettes de sérum physiologique ou à l’eau salée en spray plusieurs fois pas jours. Ils sont suffisants. Exit les sprays antiseptiques ou décongestionnants pour le nez réservés aux plus de 15 ans, les suppositoires antiallergique + paracétamol ou les inhalations à base d’huiles essentielles, à réserver encore une fois aux plus grands.

Traiter la toux

La plupart du temps sauf en cas de fièvre qui dure, de difficultés à respirer ou d’allergie, la toux est une affection sans danger qu’il est facile de calmer. Il suffit de traiter la cause (comme un nez bouché) pour la voir disparaître. Les sirops et suppositoires contre la toux n’ont aucune efficacité prouvée. Ils sont même contre-indiqués chez les enfants de moins de deux ans, bien qu’en vente libre.

Que faire en cas de fièvre ?

La fièvre est parfois impressionnante mais il s’agit avant tout de savoir si l’enfant la supporte bien. S’il est éveillé, qu’il joue et mange normalement, et si la température ne reste pas trop élevée trop longtemps, il n’est pas toujours nécessaire de la combattre. Elle disparaîtra d’elle-même dans les jours et parfois même les heures suivantes.

Au besoin le paracétamol sous forme de Doliprane, Dolko ou Dafalgan pédiatrique, reste la meilleure solution médicamenteuse. L’ibuprofène fonctionne aussi très bien mais présente plusieurs contre-indications. Dans les deux cas respectez scrupuleusement la posologie.

Le paracétamol pour les douleurs

Là encore misez sur le paracétamol pour les douleurs aux oreilles, à la gorge ou encore à la tête. En cas de traumatisme il pourra également vous être d’un grand secours. Ici l’ibuprofène pourra être plus efficace. Il est cependant conseillé de prendre un avis médical avant toute utilisation en raison de possibles effets indésirables.

De plus, ce médicament n’est pas recommandé pour traiter les maux de dents.

Réhydrater en cas de diarrhée

Chez l’enfant de moins de deux ans la diarrhée surtout si elle est aiguë peut être dangereuse. Il est alors primordial de veiller à la réhydratation du petit patient. Des solutions de réhydratation orale (SRO) sont dans ce cas indispensables.

D’autres médicaments tels « Imodium enfants » parfois à l’origine de troubles du transit (syndromes pseudo-occlusifs) et de somnolences, et Panfurex ou Nifuroxazide potentiellement toxiques, sont à éviter absolument.

À noter les cas Advilmed et Nurofenpro, disponibles sans ordonnance pour lutter contre la douleur ou la fièvre. Ils sont contre-indiqués en cas de déshydratation puisque susceptibles de favoriser l’apparition d’une insuffisance rénale.

Le reflux du nourrisson

Dans la plupart des cas le reflux du nourrisson est totalement bénin. S’il vaut mieux rendre visite à son médecin pour s’en assurer, le lait épaissi ou le fractionnement des repas sont généralement suffisants.

Les médicaments à base de dompéridone (Motilium, Peridys, Oroperidys et génériques) autrefois très prescrits sont aujourd’hui considérés comme inefficaces. De plus, ils seraient responsables de problèmes cardiaques et neurologiques rares. Depuis 2016 la Haute autorité de santé (HAS) recommande d’ailleurs de ne plus les utiliser chez l’enfant.

Pour autant si le retrait des solutions Peridys et Oroperidys est en cours, le Motilium est toujours en vente libre.

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