Tampons hygiéniques : Sont-ils dangereux pour la santé des femmes ?

Ce mardi soir, France 5 diffusait un documentaire retraçant le parcours et les témoignages de plusieurs femmes ayant eu à subir un choc toxique provoqué par l’utilisation de leurs tampons hygiéniques. Comme Margaux, Justine ou Lauren, les victimes de ce syndrome sont de plus en plus nombreuses tandis que certaines frôlent la mort et gardent de graves séquelles de leur infection. Mais alors, les tampons périodiques sont-ils vraiment sans danger pour la santé des femmes ?

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Le tampon hygiénique, vecteur de choc toxique

Chacune des femmes interrogées à l’occasion du documentaire « Tampon, notre ennemi intime » se rappelle du même type de symptômes, une immense fatigue, de la fièvre, des vomissements puis des séquelles graves parfois jusqu’au décès si la malade n’est pas rapidement diagnostiquée et prise en charge.

Comme l’explique le professeur Gérard Lina microbiologiste spécialiste du SCT dans les pages du journal Le Monde, le choc toxique se produit lorsque les menstruations restent à l’intérieur du vagin et que la femme est porteuse du staphylocoque doré. Si cette configuration ne concerne qu’environ 1% des femmes, le retour de cette maladie et de ses graves conséquences pose de nombreuses questions.

Lorsque ces deux conditions sont réunies notamment à cause de l’utilisation des tampons, une bactérie se développe et passe directement dans le sang. Les effets peuvent alors être très rapides, c’est pourquoi il est recommandé de ne jamais conserver un tampon plus de 4 heures à la suite.

Mais au-delà de l’infection, c’est aussi le diagnostic qui pose problème puisque l’on estime à 20% le nombre de femme qui repartiraient chez elles sans savoir de quoi elles ont souffert. Une ignorance qui les expose à un fort risque de récidive. Alors que la maladie n’existait plus en 1990, cinq cas ont été signalés en 2004, puis dix-neuf en 2011 pour arriver à vingt-deux en 2014.

Selon les spécialistes, la fabrications des tampons, la flore vaginale qui se modifie possiblement en raison de notre alimentation et une démocratisation des tampons pourraient faire partie des causes de cette recrudescence.

Pourtant, il faut se rappeler qu’en 1980, 600 cas de choc toxiques provoquant près de 100 décès avaient brusquement été révélés suite à l’utilisation de tampons ultra-absorbant de la marque anglo-saxonne Rely dont les produits avaient rapidement été retirés de la vente par Procter & Gamble à la suite d’un procès.

Depuis, les emballages de tampons doivent obligatoirement mentionner le risque de choc toxique et il est conseillé aux femmes de choisir les modèles les moins absorbants.

De quoi sont fait les tampons hygiéniques ?

Si le choc toxique n’est pas une conséquence directe de la composition des tampons mais de leur utilisation, on peut toutefois se poser des questions devant la liste des composés chimiques retrouvés dans les six plus grandes marques de protections utilisées par les femmes.

Selon 60 millions de Consommateurs des traces de dioxines un des douze polluants les plus dangereux au monde, ont été mises en évidence quand des experts en citent plusieurs dizaines. Par exemple pour que les tampons soient blancs (leurs fibres proviennent d’arbres et sont au départ de couleur marron) les industriels utilisent du dioxyde de chlore, voire du chlore élémentaire qui engendre des dioxines, des perturbateurs endocriniens.

Ces dioxines auraient de multiples effets dévastateurs sur le corps humain et provoqueraient des lésions du derme mais aussi des problèmes hépatiques et immunitaires. Elles pourraient également être responsables de l’endométriose, une pathologie douloureuse qui touche de plus en plus de femmes et peut conduire à l’infertilité.

On retrouve également du DEHP qui est un phtalate cancérigène interdit en Europe dans les jouets et les cosmétiques sans oublier le glyphosate, un désherbant bien connu.

Aucune législation

Malgré tout, aucune loi n’oblige les fabricants à inscrire la composition de leurs tampons où que ce soit sur la boite ou la notice.

Malgré certaines actions de femmes politiques ou de citoyennes, pour le moment le constat est le suivant, alors qu’une femme utilise en moyenne 11 000 tampons tout au long de sa vie, aucune réglementation n’oblige les industriels à en révéler les composants malgré les traces de substances dangereuses déjà plusieurs fois relevées.

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