Pole Emploi : vers un retour des indemnités chômage dégressives ?

A l’heure où la dette de l’Unédic, l’organisme en charge de la gestion de l’Assurance Chômage, pourrait approcher les 30 milliards d’euros à la fin de l’année 2016, le gouvernement cherche des solutions pour la réduire. L’une d’entre elles pourrait être le retour des indemnités chômage dégressives.

indemnités chômage

La dégressivité des indemnités chômage prochainement proposée ?

Alors que l’inscription en ligne à Pôle Emploi sera obligatoire dès le 1er mars 2016 sur tout le territoire national, une autre réforme importante pourrait impacter les demandeurs d’emploi dans les prochains mois.

En effet, face à la dette croissante de l’Unédic, Myriam El Khomri, la ministre du Travail, a laissé entendre que des changements étaient à attendre. Et il semblerait que ce soit la piste de la dégressivité des indemnités chômage qui soit actuellement à l’étude.

Déjà expérimentée en 1992 puis en 2001, elle n’avait pas porté ses fruits en matière de « retour à l’emploi ». En 2014, François Hollande s’était exprimé sur la question et avait indiqué qu’une telle mesure n’était pas d’actualité arguant qu’un chômage élevé ne devait pas correspondre à « un moment pour réduire le droit des chômeurs ».

Aujourd’hui, ces paroles semblent appartenir au passé et la dégressivité des indemnités chômage pourrait compter parmi les propositions phares faites à l’occasion des négociations de la prochaine convention chômage. Mais de nombreux opposants devraient faire entendre leurs voix.

Les indemnités chômage dégressives, en pratique

 

A l’heure actuelle, un chômeur peut toucher jusqu’à deux ans d’indemnités constantes (trois pour les personnes de plus de 50 ans) dont le montant équivaut à environ 70% du salaire net. La durée des droits est quant à elle calculée sur la base simple de « un jour travaillé = 1 jour indemnisé ».

Si le retour des indemnités chômage dégressives entrait en vigueur, le gouvernement devrait déterminer la durée du premier palier. Si, par le passé, c’est un délai de 4 mois qui a été expérimenté, l’Etat pourrait décider de se caler sur les modèles déjà en place en Espagne, en Italie ou au Portugal qui prévoit un premier palier d’indemnisation de 6 mois.

Durant ces 6 mois, le demandeur d’emploi perçoit de 65% à 80% de son ancien salaire puis entre 50 et 60% les 6 mois suivants et enfin environ 40% durant 6 mois supplémentaires. A l’issue d’une période comprise entre 14 et 24 mois, il n’est plus indemnisé.

Reste à voir si le gouvernement sera capable de mettre en place cette mesure plutôt impopulaire à un an seulement des élections présidentielles. Rien n’est moins sûr…

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Vos réactions sur cet article !
  1. Moi 3 février 2016 - 13 h 48 min

    J’ai subi en novembre dernier un licenciement économique. J’ai 34 ans et c’est la première fois que je suis à la recherche d’un emploi. Depuis novembre, je postule à des offres (candidatures spontanées également) mais je cherche également à suivre une formation (si celle-ci peut me permettre de trouver un emploi plus facilement !). A ce jour, je n’ai pas réussi à décrocher un entretien d’embauche et pourtant je cherche ! Vous allez baisser les allocations chômage ? pensez-vous aux conséquences ? on est déjà dans la merde… Je pense que pour la plupart, le chômage nous le subissons ! Les hommes politiques sont vraiment à côté de leurs pompes !

  2. escobar 27 mai 2016 - 14 h 31 min

    ils sont surtout au-dessus des lois!