Réforme de l’assurance chômage dévoilée : dégressivité et conditions d’ouvertures plus strictes

Attendu pour une conférence de presse ce mardi 18 juin 2019, le Premier ministre Édouard Philippe, accompagné de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, a communiqué les modalités d’application de la réforme de l’assurance chômage. Parmi les mesures phares qui vont impacter directement les Français, on note des conditions plus sévères pour prétendre à ses indemnités, mais aussi la mise en place d’une dégressivité des droits pour les revenus de travail plus élevés.

 

Zoom sur les principaux changements apportés par la réforme de l’assurance chômage

La semaine dernière, il était déjà question de rendre les conditions d’accès aux allocations plus strictes : on savait que cette réforme de l’assurance chômage durcirait les règles en la matière. Toutefois, l’allocution d’Édouard Philippe nous permet désormais d’en savoir plus sur les dispositions concrètes de cette nouvelle réforme.

Travailler plus pour « recharger » ses indemnités chômage

Initialement, il faut avoir travaillé pendant au moins 4 mois sur les 28 derniers mois pour obtenir les allocations chômage. Mais l’article publié par Orange Actu sur la base des informations délivrées par l’AFP (Agence France Presse) révèle les nouvelles exigences de la réforme, qui sont plus strictes.

Désormais, il faudra avoir cumulé 6 mois effectifs sur les 24 derniers mois, soit plus de travail sur une durée inférieure. Cette règle s’appliquera dès le 1er novembre 2019. Pour prolonger ses droits, toujours selon Orange, il sera nécessaire d’avoir travaillé six mois (au lieu d’un actuellement).

Des droits revus à la baisse pour les hauts salaires

Le gouvernement entend également appliquer la dégressivité des droits dont il a déjà été question en matière de chômage. Concrètement, tous les demandeurs d’emploi qui gagnaient plus de 4 500 € bruts par mois auront une indemnisation 30 % inférieure à partir de 7 mois chômés. Seuls les plus de 57 ans seront épargnés.

La dégressivité commencera dès lors que le salaire atteint les 2 261 € nets.

Un bonus-malus pour décourager le recours aux contrats courts

Ici, c’est plutôt les employeurs qui vont émettre leurs réserves : dès le 1er janvier 2020, un bonus-malus sur les contrats courts sera mis en place dans 7 secteurs (hébergement et restauration, plasturgie, bois, papier, entre autres), sachant que le bâtiment et la santé, qui recourent beaucoup aux petits contrats, échappent pour le moment au dispositif. Le CDD, quant à lui, sera exposé à une nouvelle taxe de 10 €.

Des nouveaux droits suite à une démission

Les salariés qui démissionnent auront désormais le droit de toucher le chômage, sous certaines conditions (notamment d’ancienneté, puisqu’il faudra avoir travaillé au moins 5 ans dans l’entreprise et pouvoir justifier d’un véritable projet professionnel).

Plus généralement, cette réforme inclut aussi le recrutement de 1 000 nouveaux conseillers Pôle Emploi, avec le déploiement de nouveaux services d’accompagnement. L’objectif de cette réforme reste de réduire le nombre de demandeurs d’emploi et de faire plus de 3 milliards d’euros d’économies.

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