Prix à la consommation : Comment les fabricants jouent avec les étiquettes des produits que nous achetons

Produits malins ou arnaques en puissance ? Les fabricants des articles que nous achetons au quotidien en grande surface, rivalisent d’astuces pour gonfler leurs marges à tout prix. Fausses innovations, coloris inédits, packaging adaptés et bien d’autres techniques leurs permettent de nous vendre deux produits quasiment identiques avec une différence de prix notable. Comment les reconnaître ?

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Plus de marge sur le même produit ou presque

C’est un fait, les industriels sont tiraillés entre le fait de vendre moins cher pour vendre beaucoup, et celui de réaliser des marges toujours plus intéressantes sur leurs produits. C’est pourquoi comme le démontre Ouest-France dans son article, ils proposent généralement les produits dits « d’appel » d’un côté, et les autres, pour lesquels ils disposent de quelques astuces.

Les vrais faux nouveaux produits

C’est le cas par exemple des produits « nouvelle recette » ou « nouvel emballage ». Ils n’ont pas grand chose de différent avec la version précédente et pourtant, il y a de fortes chances pour qu’ils soient plus chers.

On notera par exemple le beurre Président qui passe de 2,29€ à 2,57€ les 250 grammes quand il est vendu en motte soit simplement, dans un emballage différent. C’est le cas également des mouchoirs Kleenex vendus trois fois plus chers en tube qu’en boite familiale, ou de l’éponge « Cœur de vaisselle » chez Spontex à 1,24€ au lieu de 95 centimes dans sa forme classique.

On peut se demander si ces nouveaux produits sont vraiment meilleurs, et même s’ils présentent une quelconque utilité.

Les « sans sucre » ou « sans gluten »

Ils sont de plus en plus nombreux les produits étiquetés « sans sucre » ou « sans gluten ». Pourtant, avec leur ingrédient de moins, ils sont aussi de plus en plus chers.

Le pain de mie sans sucre Jacquet est à 1,65€ les 14 tranches contre 1,50€ pour le classique de la même marque. Fleury Michon fait de même avec son jambon de Paris à 25% de sel en moins. Le prix des six tranches est 20 centimes plus élevé que d’habitude.

Chez Panzani ce sont les spaghettis sans gluten qui vous coûtent 5,58€ le kilo contre 1,88€ pour les spaghettis classiques !

Méfiez-vous encore plus des riz ou de la sauce tomate porteurs de la mention. Ni l’un ni l’autre ne contiennent de gluten, ils n’ont donc aucun effort à faire pour s’en débarrasser et aucune raison de nous faire payer plus cher.

Les tailles et poids des emballages

Dans le milieu de la grande distribution, cette pratique se nomme le « downsizing » autrement dit, le « rétrécissement ». Il s’agit de faire perdre aux consommateurs leurs repères en commercialisant comme chez Innocent, des bouteilles de jus de fruit de 900 ml au lieu d’un litre, chez Charles et Alice des pots de compote de 97g au lieu de 100 et chez Amora des pots de moutarde de 415g.

En effet depuis 2009 la taille des contenants alimentaires n’est plus réglementée. Il est donc préférable dorénavant de vous référer au prix au kilo ou au litre pour comparer deux produits. Malheureusement celui-ci n’est pas toujours clairement indiqué.

L’effet de marque

Peut-être la plus connue de toutes, cette technique consiste pour les fabricants à produire les articles des marques distributeurs et des marques nationales dans la même usine et bien souvent, dans les mêmes cuves.

De cette façon le sirop de pèche Auchan vient de chez Teisseire, et la confiture de framboise Casino de chez Bonne Maman. Il suffit donc de changer l’étiquette pour pouvoir vendre un produit beaucoup plus cher. C’est notamment le cas du cassoulet Carrefour vendu 1,57€. William Saurin chez qui il est fabriqué, affiche le sien à 2,06€ …

Les trop nombreuses références

Les marques comme Coca-Cola en sont les spécialistes. Au rayon boisson de votre supermarché vous pourrez trouver jusqu’à sept références différences pour le soda classique à l’étiquette rouge, 2L, 1,5L, 1L, 50cl, 25cl, canettes 33cl et mini-canettes 15cl. Si vous ajoutez à cela les variantes de Coca 0%, Cherry ou sans caféine, il devient presque impossible de comparer les prix qui pourtant varient du simple au triple.

Spontex fait de même avec ses éponges présentées sous différents formats, classique à 4,29 € les trois, économique à 5,59 € les six, recyclées à 3,90 € les quatre ou « stop graisse » à 2,37 € les deux.

Les portions individuelles

Dans ce cas un seul mot d’ordre à retenir, plus un produit est petit plus son prix au kilo est élevé.

Le fromage Boursin Ail & Fines herbes coûte 13€/kg en boite de 150g et grimpe à 19,17€/kg en portion de 16g. De même les gâteaux Prince de Lu au chocolat coûtent 2,15 centimes de plus à l’unité en format « pocket », plus pratique mais donc plus cher.

On peut toutefois considérer que l’emballage supplémentaire engendre un coût de fabrication supplémentaire, toutefois sans doute pas dans ces proportions.

Les produits estampillés Bio

Selon les investigations menées par l’association Familles Rurales ou l’UFC-Que Choisir, les grandes surfaces réaliseraient presque systématiquement des marges plus intéressantes sur les produits porteurs d’étiquettes Bio. On compte ainsi 11 centimes de plus pour un litre de lait, 84 centimes sur une boîte de six œufs et 37 centimes sur une brique de jus de fruits.

Au rayon frais le constat est le même, les fruits et légumes Bio sont toujours et de loin, les plus chers. Malgré un surcoût de production avéré, les enseignes alimentaires sont la principale cause de ces tarifs jusqu’à deux fois plus élevés.

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