Les fabricants de collants soupçonnés d’obsolescence programmée

L’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP) a étudié minutieusement les fameux collants que nous portons sous les jupes et robes, notamment afin de savoir pourquoi ils semblent si fragiles. Aujourd’hui, les conclusions révélées sont sans appel : les fils de moins bonne qualité, pour produire plus à petit prix, ainsi que l’usage d’additifs, peuvent réduire considérablement la durée de vie de ces bas… Qui ne sont parfois pas portés plus de deux ou trois fois !

Les collants seraient eux aussi caractérisés par une obsolescence programmée

Des inégalités entre les marques de collants

Les femmes qui portent des collants depuis plusieurs dizaines d’années sont nombreuses à déplorer une diminution de la qualité : est-ce une simple impression ou une vérité ? Concrètement, l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) a interrogé 3 000 femmes pour comprendre pourquoi les collants de nos grands-mères semblaient beaucoup plus robustes que les nôtres.

Près de trois femmes questionnées sur quatre ont admis qu’elles n’utilisaient généralement pas un collant plus de six fois. En moyenne, il faudrait donc acheter entre 10 et 11 paires par saison, sachant que le chiffre varie naturellement en fonction des habitudes vestimentaires de chacun.

Avant tout, l’association souligne que cette fin de vie prématurée résulte souvent plus d’une obsolescence technique qu’esthétique. Concrètement, si l’on jette les collants, ce n’est pas parce qu’ils nous plaisent plus : c’est bien parce qu’ils ne sont plus utilisables.

Deux raisons pourraient expliquer cette faible durée de vie. Pour commencer, les industriels, dans leur quête d’une production toujours plus massive et économique, utilisent une matière première de piètre qualité et fabriquent les collants en forme de tube, sans prendre en compte la morphologie de la jambe. Ils ne sont pas adaptés aux formes des femmes et s’effilent plus vite.

De plus, pour teindre les collants, il est nécessaire de les tremper pendant plusieurs heures dans une eau à 50 degrés. Là encore, le processus fragilise la fibre.

En parallèle, des additifs chimiques entrent dans la composition des collants. Ils ont un impact écologique significatif, et ils réduisent aussi la qualité du produit chimique. Concrètement, HOP suppose que les industriels dosent ces additifs pour rendre le collant plus ou moins solide, ce qui leur laisse programmer de façon approximative leur fin de vie.

Outre ses dénonciations, l’association a également pris le temps de comparer différentes marques, en notant leur durabilité entre 0 et 5. Les marques qui s’en sortent le mieux sont Wolford, Bleuforêt et Gerbe — des collants pour lesquels il faut parfois payer près de 40 € la paire. En revanche, les mauvais élèves pointés du doigt ont du souci à se faire : il s’agit de H&M, Well et Golden Lady, dont les notes sont toutes inférieures à 1,9/5.

Encore une fois, les consommateurs se sentent pris à défaut face à des achats qui sont programmés pour être obsolètes plus tôt que prévu, comme c’est déjà le cas avec les imprimantes.

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