Aides au logement : pas d’augmentation des APL en 2018

Alors que les aides au logement avaient pris l’habitude d’augmenter année après année, voilà que 2018 va rompre cette dynamique. En effet, parce que la loi de finances préconise que les aides ne suivent pas l’inflation, le montant des APL ne sera pas en hausse en octobre 2018, au grand dam de la Fondation Abbé Pierre. L’un de ses représentants, Manuel Domergue, juge que cette situation va causer un manque à gagner aux allocataires.

Les APL sont gelées en 2018, un manque à gagner pour les allocataires

Un manque à gagner d’environ 4 € par mois et par allocataire

Alors qu’une possible réforme de l’aide au logement avait été avancée en 2017, le gouvernement français avait pris la décision de repousser ce projet à plus tard. Cela ne l’avait toutefois pas empêché d’apporter discrètement quelques modifications via la loi de finances 2018.

Parmi celles-ci, se trouve la non-indexation du montant des aides au logement sur l’inflation. Autrement dit, après plusieurs années d’augmentation, l’APL, l’ALF et l’ALS ne connaîtront pas de hausse au 1er octobre 2018.

Dans un récent tweet, le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, Manuel Domergue, déplore ce changement passé sous silence, mais pourtant défavorable pour les allocataires.

Selon lui, si l’on prend en compte l’indice de révision des loyers le plus récent, chaque allocataire va faire face à un manque à gagner estimé à environ 4 € par mois. Cela va donc réduire leur pouvoir d’achat, d’autant plus que les prix à la consommation ont tendance à augmenter.

Après la baisse de 5 € en 2017 qui s’était accompagnée d’une réelle polémique, le grignotage des aides au logement se poursuit donc en 2018. L’accumulation de ces « petites » mesures aurait, selon le représentant de la Fondation Abbé Pierre, entraîné une baisse de 2,5 milliards d’euros du montant des aides au cours des dix dernières années.

Pour Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des Territoires, il ne s’agit pas là d’une baisse, mais bien d’une non-revalorisation des aides au logement qui va permettre à l’État d’économiser 300 millions d’euros. Diverses autres coupes budgétaires dans le logement (baisse des APL dans le parc social, disparition du dispositif APL Accession, etc.) sont également prévues.

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