Vaccins obligatoires : Et si la recommandation suffisait ?

Le 5 juillet dernier, la ministre de la Santé annonçait sa volonté de rendre obligatoires onze vaccins pour tous les enfants dès 2018 en ajoutant les huit substances recommandées aux trois déjà imposées. Toutefois, si l’annonce semble avoir été plutôt bien accueille, certains professionnels soulignent l’inutilité d’une obligation et même son possible effet contraire sur une partie de la population.

vaccins enfants obligatoires

L’obligation de vaccination, vraiment utile ?

Actuellement seuls les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP) sont obligatoires pour les enfants en France et ce particulièrement avant leur entrée à l’école ou leur accueil en collectivité. Dès 2018, les huit vaccins complémentaires et pour le moment uniquement recommandés, à savoir l’haemophilus influenzae B (pneumopathies et des méningites), la coqueluche, l’hépatite B, la rougeole, les oreillons, la rubéole, le méningocoque C et le pneumocoque, viendront rejoindre les trois autres en devenant obligatoires pour les enfants de moins de 2 ans.

Pourtant, si la mesure sanitaire qui vise à permettre d’atteindre une couverture vaccinale de 95% en France, alors qu’elle se situe actuellement autour de 70%, semble rencontre l’assentiment de la majeure partie de l’opinion, un certain nombre de parents mais aussi de professionnels restent sceptiques quand à l’utilité d’un si grand nombre de vaccinations, voire s’y trouvent complètement opposés.

Selon la Société française de santé publique (SFSP), qui avait précédemment déjà évoqué une levée d’obligation concernant le DTP, la contrainte ne serait pas une bonne voie. Il serait préférable de conserver ce genre de mesure pour une période de grande épidémie ou tout autre événement similaire. En amont, une meilleure prévention serait préférable.

En pratique en France, 70% des enfants reçoivent déjà les onze vaccins et certains chiffres sont en constante progression.

De plus, alors que la non-vaccination est punie d’une amende parfois lourde, le gouvernement semble plutôt enclin à la mise en place une « clause d’exemption » pour les familles qui seraient réellement opposées aux vaccins. Ainsi, l’obligation de 2018 ne vaudrait en quelque sorte que pour ceux qui sont déjà favorables à la vaccination et dont les enfants sont déjà probablement vaccinés.

De plus, on sait que les mesures d’obligation produisent parfois l’effet contraire à celui souhaité en poussant des citoyens indécis à s’opposer plutôt qu’à accepter.

Selon la SFSP une campagne de prévention solide et une exposition des risques encourus en cas de non-vaccination vaccin par vaccin, obtiendrait un plus grand écho auprès des populations sans pour autant favoriser l’opposition.

Ailleurs sur le web
Vos réactions sur cet article !