1424€ par mois minimum pour vivre décemment

À l’heure où une réflexion est menée au niveau européen pour fixer un revenu minimum décent, l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale (ONPES) vient de publier son rapport annuel. Et ce dernier intègre les résultats d’une grande étude réalisée pour déterminer le salaire minimum permettant de vivre décemment en France. Voyons ce que cela donne !

1424€ par mois pour une personne seule pour pouvoir manger, se loger, se déplacer

Il faut au moins 1 424€ pour se loger, manger et se déplacer

Au cours des trois dernières années, les experts de l’ONPES ont conduit une vaste étude afin de fixer le salaire minimum indispensable pour vivre décemment dans une ville moyenne française. Il a fallu déterminer les « ingrédients » de la recette d’une vie décente en interrogeant les Français. Voici donc une liste non exhaustive de ces ingrédients :

 

  • De la nourriture (produits de première nécessité).
  • Un logement.
  • Un véhicule, le plus souvent acheté d’occasion.
  • Des vêtements et des produits d’hygiène de base.
  • La possibilité de partir en vacances entre 1 et 2 semaines selon le profil des sondés.
  • Une participation effective à la vie sociale (sorties culturelles, soirées entre amis).

 

En prenant en compte ces « indispensables » définis par les Français, l’ONPES a établi qu’il faudrait donc 1424€ par mois pour vivre décemment dans l’Hexagone pour une personne active seule. Or, à ce jour, le SMIC est fixé à 1 457€ bruts par mois ce qui signifie qu’un Français payé au SMIC ne disposerait pas de moyens financiers suffisants pour avoir une vie décente.

Le rapport de l’ONPES précise également qu’un couple actif sans enfants doit disposer d’un revenu de 1985€ pour vivre décemment, 2187€ pour un couple de retraités, 2600€ pour une famille monoparentale de deux enfants et 3284€ pour un couple actif avec deux enfants.

À la lumière de ces estimations, on comprend donc clairement que de très nombreux Français ne disposent pas de moyens financiers leur permettant de se loger, manger et se déplacer. Les plus touchés sont indiscutablement les familles monoparentales puisque 55% vivraient en dessous du seuil de pauvreté. La proportion est effectivement moindre chez les retraités et les couples d’actifs avec deux enfants même si beaucoup sont contraints de se serrer la ceinture et ne disposent alors pas du budget pour participer à la vie sociale comme il le souhaiterait.

Une semaine après l’annonce de la mise en place de la prime d’activité à la date du 1er janvier 2016, le rapport de l’ONPES vient en tout cas rappeler qu’il est indispensable de tirer l’échelle des revenus vers le haut afin d’endiguer la croissance exponentielle du nombre de pauvres en France.

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